Mon esprit refit surface, et c'est en haletant que je découvrais que la fin de ma vie n'était qu'un simple cauchemar.
Je n'avais aucune idée du lieu où je me trouvais, une chambre en désordre avec un lit simple et humide sur lequel j'étais étendue. Hokage-sama était à quelques pas de moi sur assis sur une chaise en bois, dès qu'il me vit faire signe de vie, son visage s'éclaira et il approcha sa chaise avec un raclement abrupt.
-Reira! Quel plaisir de te revoir de nouveau sur pied!
Je ne répondis pas trop occupée à savoir ce que je pouvais bien faire ici. Quelques bribes de souvenir revint parmi lequel la rencontre de cet homme aux cheveux gris qui avait avorté ma tentative de suicide.
-Où sommes-nous? Je suis ici depuis combien de temps?
Les questions sortaient les unes après les autres, j'étais incapable de dire autre chose, si je m'attardais trop, je ne pourrais plus le rattraper et cela m'était insupportable.
-Nous sommes chez Kakashi, l'homme qui t'a trouvé. Tu dors depuis un peu plus d'une journée, ton corps et ton esprit avait besoin de ce repos.
Il répondit calmement ce qui eut le don de m'agacer, je rejetai le drap qui me recouvrait et je descendit du lit.
-Pense-tu qu'il est préférable de fuir? demanda Hokage sans pour autant essayer de m'arrêter.
-Désolée, bredouillai-je honteuse, je n'ai pas le choix.
Je poussai la porte, l'air frais du crépuscule me fit frissonner, une silhouette se dressa face à moi.
Mon hôte, mon sauveur. Il me sourit et avec une légère pression il me chassa de l'entrée et referma la porte.
Les deux hommes se regardèrent un bref instant et le silence tomba.
Hokage me regarda d'un air entendu et je compris qu'il fallait que je rompe ce silence.
-Merci, murmurai-je à l'adresse de Kakashi.
Un remerciement inaudible mais mon dieu ce qu'il fut dur à sortir de ma bouche.
Je baissai la tête en signe d'infériorité totale face à ces deux êtres "vivants" et je replongeai dans mon mutisme qui était devenu depuis un certain temps mon refuge.
Le bruit désagréable d'un estomac affamé me réveilla immédiatement, je constatai que mon corps refusai de se soumettre à ce silence complet.
C'est avec une grande gêne que je levai les yeux vers Kakashi et Sandaime qui pouffèrent.
-Je pense que tu devrais amener Reira manger quelque chose, elle semble mourir de faim. Quand à moi je vais m'effacer, autant laisser deux jeunes gens entre eux.
Sandaime m'adressa un signe de tête complaisant et il quitta la pièce de sa démarche paisible.
Etre seule avec Kakashi était encore plus difficile à vivre. Cet homme ne me connaissait pas et il devait sans aucun doute avoir de mauvais pressentiment à mon sujet.
Il paraissait si serein, j'avais vraiment envie de me plaquer contre son torse pour qu'il me rassure mais les rêves restent des rêves et ma conscience ne permettrait sûrement pas un tel comportement.
-Pardonnez mon impolitesse, dis-je en m'inclinant, je n'aurai pas dû agir ainsi, j'espère que votre opinion à mon sujet n'est pas des plus mauvais.
-Ne t'en fais pas, répondis-t-il en riant, il en faut un peu plus pour me vexer tu le constatera par toi même. Allons manger.
Je m'apprêtai à le suivre quand une convulsion à la main me ramena à la réalité.
-Où sont mes gants?
-Ne t'en fais pas, il ne fait pas froid.
-Mes gants s'il te plaît, répétai-je plus fermement.
Je détestai le fait d'être désagréable mais si il savais à quel point il était important que mes mains soient couvertes.
Je n'avais nulle envie de me lancer dans de longues explications pour lui faire comprendre l'utilité de ces gants.
Bien que je sois d'une modeste famille, je possédai un don, nul ne savait d'où celui-ci provenait mais il était sans aucun doute le facteur de mon niveau si impressionnant au sein des ninjas. Pour faire simple, mon corps fait circuler un puissant courant électrique incontrôlable. Dès le moment où un sentiment quelconque me trouble, de petits (ou grand, cela dépend la gravité de la situation) éclairs jaillissent de mes mains. La tension que je dégage pouvant être extrême, je suis dans la capacité de tuer quelqu'un simplement en le touchant. Le problème, c'est que j'ai énormément de problème à gérer ce pouvoir,je ne pouvais pas compter sur lui pour le moment. C'est pourquoi, je porte toujours des gants en cuir très isolant pour éviter les accidents.
Kakashi interrompit mes réflexions en me tendant mes deux bouts de tissu.
-Ah oui, s'exclama t-il, Sandaime m'a raconté pour tes mains et pour de nombreuses autres choses.
Il devait savoir beaucoup de choses sur moi mais je ne pris la peine de me défendre sur aucun sujet quel qu'il soit.
Nous sortîmes silencieusement de la maison, il faisait sombre, je suivais Kakashi docilement.
Le son des cloches couvrait le murmure angoissant du vent.
Je savais que les cloches de Konoha sonnaient rarement et quand elles sonnaient...
Mon corps réagit plus vite que le reste, je me dirigeai instinctivement vers le tintinabulement des cloches.
Une masse compacte de personne se trouvait en contrebas, des bouquets de fleurs à la main.
Ils étaient tous vêtus de noir, il se dressait devant de nombreuses tombes qui recouvrait les paysage.
Je me retournai vers mon guide qui m'avait suivi.
-Tout ces gens, commençai-je, ils on tous été tués par celui que j'aime. Je n'éprouve que peu de tristesse à la vue de ce massacre. La seule chose qui me rend triste c'est le fait qu'il soit parti. Je ne suis qu'un égoïste!
Ma place n'est pas ici, je n'ai plus aucune attache à ce village.
-Viens, me dit Kakashi nullement bouleversé par mes paroles, on va manger, ensuite tu ira mieux. Il est hors de question que tu quitte Konoha.
-Pourquoi resterai-je ici?
-Parce que je te le demande...
Il me regarda calmement et mon pouls accéléra brutalement. J'avais bien fait de prendre mes gants, des étincelles couraient le long de mes doigts.
Je ne savais que choisir, de toute façon Itachi était déjà trop loin, je ne pouvais plus le rattraper, inutile de m'obstiner. Mais qu'ai-je à lui offrir à cet homme?
Mon choix fut long à prendre, il me laissa seule pour réfléchir un moment. De toute façon je savais que je voulais rester depuis qu'il me l'avait demandé.
C'est seulement une fois que nous étions rentrés chez lui que je mesura le bonheur qui m'envahissait en franchissant le seuil de la porte. Moi qui quelque heures auparavant voulait absolument en sortir, je me sentais à présent entièrement en sécurité dans cette petite maison.
Mon choix fut arrêté ce soir là, je resterai à Konoha jusqu'à nouvel ordre, pour ma promesse, pour devenir plus forte et pour Kakashi.
Je ne séjournerai pas ici éternellement, je partirai de nouveau à sa recherche, il fallait que je lui fasse entendre raison, que je comprenne pourquoi il avait décimé son clan.
Je fermai les yeux et m'endormis sereinement avec le peu d'humanité qui me restait.